Victor, assistant de français à Harlem

Victor, Breton originaire de la petite bourgade de Landerneau, est parti vivre à New-York le temps d’une année scolaire, fin 2011. Dans le cadre d’un programme d’échange il a effectué un stage en tant qu’assistant de français dans une école. C’est toujours les yeux pleins de nostalgie et le cœur battant la chamade qu’il nous raconte son séjour aux Etats-Unis.

victor

Alors tu es parti faire un séjour de prof de français dans un collège dans Brooklyn, si je ne dis pas de bêtises, tu t’y es pris comment pour être embauché ? où as-tu trouvé l’offre d’emploi ?

Alors, tu y étais presque c’était dans une école primaire à Harlem. Je suis parti grâce à un programme d’échange dont j’avais entendu parler pendant mes études en licence d’anglais. L’organisme s’appelle Amity Institute : http://www.amity.org/

Ça n’a pas été galère de faire les démarches administratives ? T’avais quoi comme type de visa ? Ça n’a pas été plus dur en étant Breton ?

Ca a été un peu compliqué au vu de la masse de papier que l’administration US te demande et les questionnaires un peu WTF : êtes-vous terroriste ? trafiquant d’enfant ? … J’avais un visa type J1 pour mon séjour (stage de 18 mois maximum).

Ça n’a pas été la galère au départ ? Tu ne t’es pas senti complètement perdu ?

Et bien, passer d’une ville de 15 000 habitants à New York du jour au lendemain c’est un peu déroutant, je l’avoue. Mais ça a été. Curieusement les New Yorkais viennent d’eux même vers toi quand ils voient que tu as l’air un peu perdu. Autrement, je demandais mon chemin les premiers jours et pas de soucis les gens étaient cool et me répondaient.

Harlem, j’imagine ça comme Détroit dans 8 miles, en gros un peu dégueu et pas très rassurant, c’est le cas ?

Harlem ce n’est pas comme on veut bien nous le faire croire. Je m’y sentais à l’aise de jour comme de nuit, je n’ai jamais eu aucun souci. Apres je ne dirai pas que c’est “dégueu et pas très rassurant” comme dans l’intitulé de ta question, mais disons que c’était “animé“.

Comment tu t’es logé ? C’était dans un immeuble glauque sans lumière ?

Niveau logement, j’étais hébergé en famille d’accueil à la 28e rue de Manhattan. C’est un coin vraiment cool, j’avais même droit au portier et tout.

Tes élèves avaient quel âge environ ? Est-ce qu’ils portaient tous des baggys et disaient YO à chaque phrase ? D’ailleurs ils étaient cool ?

Mes élèves avaient entre 6 et 8 ans. Disons qu’ils étaient assez turbulents, normale pour des enfants de leur âge et je n’avais pas forcément l’habitude. Ils ne ressemblaient pas à des Gangstas comme tu peux te l’imaginer. Toutes les couches sociales et ethniques étaient représentées dans l’école où je travaillais, c’était vraiment cool je trouve.

Attention, question bateau : est-ce que tu as pris le ferry ?

Ouaip, pour aller voir la statue de la liberté.

Attention, question bateau (la vraie) : quel est le moment le plus mémorable que tu as vécu et quel a été le plus anxiogène ?

Le plus mémorable, je pense que c’était faire le défilé de la St Patrick avec le bagad de Plougastel, une ville à 10 minutes de chez moi (Le bagad de Plougastel est une formation musicale traditionnelle bretonne). Aussi, recroiser un copain d’enfance par hasard dans un pub aux U.S.A. reste un autre moment que je ne risque pas d’oublier.

Le plus anxiogène je dirai que c’était quand j’ai failli me faire embarquer par l’équivalent de la BAC à Brooklyn après une soirée, j’étais avec des amis et on a eu un « contrôle ». Le fait est que je n’avais pas mon passeport sur moi et que ma carte d’identité française venait d’expirer. J’ai pas fait le malin sur ce coup-là, ils ne sont pas super rigolos les policiers aux US. Mais bon, après discussion et négociation tout c’est bien passé.

Je crois savoir qu’à la première opportunité tu y retournes non ? Tu as déjà planifié un départ ?

Disons que si j’ai l’opportunité d’y retourner, je pense sincèrement que oui, j’y retournerai. Ici je galère pour trouver du travail, alors que là-bas à chaque coin de rue ça déborde d’opportunités en tous genres. On laisse vraiment leur chance aux gens si ça marche tant mieux, et si ça ne marche pas tant pis ce n’est pas éliminatoire pour la suite loin de là.

Justin

A propos de Justin

Justin rêvasse à l'idée d'aller vivre à New York. Il potache le sujet et tente de trouver un maximum de bons plans avant de partir et afin de faciliter votre départ.

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